Séries : comment elles entrent dans nos vies

Séries : comment elles entrent dans nos vies

Le magazine Phosphore de décembre consacre une grande enquête à la place qu’occupent les séries dans la vie des ados. Regardées en famille, elles peuvent être une bonne base de discussion sur des sujets pas si simples à aborder avec eux, comme la sexualité, les addictions, les dilemmes moraux, la fidélité… Nous vous proposons des extraits de l’article à télécharger et à lire ensemble.

Les séries, point de départ de discussions avec les ados

Il n’y a pas que Fais pas ci, fais pas ça qui permet de discuter de nos vies en famille. Les séries que regardent les ados traitent de nombreux sujets pas si simples à aborder avec eux : la sexualité, les addictions, les dilemmes moraux, la fidélité… Regarder ensemble une série – que ce soit celle que vous avez repérée, ou celle que votre ado suit déjà avec avidité – peut être un point de départ pour des conversations riches et fortes. Un écran permet parfois de se projeter ! (David Groison, rédacteur en chef du magazine Phosphore.)

“Les séries, ça a rapproché la famille”

“Séries : Comment elles entrent dans nos vies ?”, enquête du magazine Phosphore de décembre 2015 - Texte: Emma Roulin - Photos Gilles LeimdorferExtrait de l’enquête: Lorsqu’elle pense à Desperate Housewives, Nolwenn, 17 ans, se replonge dans son enfance. Elle revoit sa mère regardant les épisodes le soir, évoque ses éclats de rire, l’ambiance chaleureuse qui régnait dans le salon. “Comme je n’avais pas le droit de regarder, je me cachais derrière l’escalier pour tenter de voir l’écran.” Quelques années plus tard, devenue ado, elle découvre les images entraperçues depuis sa cachette : “La série a été rediffusée et, avec ma mère, on a enchaîné les épisodes. Depuis, Desperate est devenu notre moment à nous. Quand ça passe, on réserve la télé et mon père n’a pas le droit de changer de chaîne !” Ce qu’elles préfèrent, ce sont les histoires de cœur et d’amitié. Mais elles observent aussi les traits de caractère des personnages, auxquels elles adorent se comparer. “C’est une série pour les mamans parce que ça raconte le quotidien de quatre femmes au foyer. Mais d’un côté, en regardant Desperate j’ai l’impression de mieux connaître ma mère.”

Dans le salon de Théo, 14 ans, c’est la famille entière qui se donne rendez-vous autour de séries comiques. Ses parents scotchent parfois devant ses feuilletons préférés : Soda, Les Simpson, Malcolm… Et, avant d’aller se coucher, Théo regarde Fais pas ci, fais pas ça ou Parents mode d’emploi avec eux. “Mon père dit souvent : heureusement que mon fils n’est pas comme Malcolm et ses frères ! Moi, je lui réponds : heureusement que tu n’es pas comme Homer Simpson ! On est une famille qui regarde d’autres familles. Donc on s’identifie un peu, même si les situations sont toujours exagérées pour faire rire.”

Quand elle voit les jeunes de Soda, la mère de Théo a l’impression de mieux comprendre son fils. “Les ados ont tendance à nous cacher leurs problèmes. Là, quand les jeunes se retrouvent dans la chambre de Kev Adams pour discuter, on observe des scènes que l’on ne voit pas dans la vraie vie. On peut imaginer les difficultés que rencontrent nos propres enfants.” Elle perçoit aussi les évolutions d’une génération à une autre : “J’ai l’impression que les filles prennent plus de liberté. Nous, on attendait que les garçons fassent le premier pas. Aujourd’hui, elles y vont direct !”

Les blagues, l’ambiance sympathique et familiale qui entoure les séries, c’est aussi ce qui marque Prune, 17 ans. Sa mère lui a fait découvrir Friends et, avec le temps, Prune a ajouté à leurs soirées séries une dose de The Big Bang Theory et un soupçon de How I Met Your Mother. “Ces séries ont forgé notre humour. Les blagues élaborées, on n’aime pas trop. On préfère l’humour de situation, plus spontané. On adore rigoler quand il se passe quelque chose de décalé. On a aussi beaucoup d’autodérision, on adore se charrier. Ça nous rapproche, ça nous soude et surtout ça permet de se dire les choses plus facilement.”

“Les séries qui peuvent vous guérir…”

Dans son enquête, le magazine Phosphore propose aussi quelques remèdes, à base de séries, pour guérir les petits maux des ados (allergie à la famille, jalousie entre frères et sœurs, mal-être, difficultés avec les profs…).

“Séries : Comment elles entrent dans nos vies ?”, enquête du magazine Phosphore de décembre 2015 - Texte: Emma Roulin - Photos Gilles LeimdorferExtrait de “Séries : Comment elles entrent dans nos vies ?”, enquête du magazine Phosphore de décembre 2015 – Texte : Emma Roulin – Photos Gilles Leimdorfer.

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