Tous au jardin !

Tous au jardin !

Avec les beaux jours, comment ne pas avoir envie de courir au jardin ? Préparez mini-râteaux, seaux, tablier…, et faites découvrir à votre tout-petit un espace d’expérimentations et d’enseignements précieux ! Explications et conseils du magazine Popi en compagnie d’Alain Baraton, jardinier en chef du Grand Parc de Versailles…

La nature, une belle école de vie

Au square ou dans le jardin de ses grands-parents, c’est toujours pareil : Clémence, 2 ans, adore observer les petites bêtes qui se nichent entre les brins d’herbe. Ilyès, tout juste 3 ans, lui, ne dédaigne pas chiper quelques framboises dans le potager familial ou récolter quelques pâquerettes pour sa maman. Des enfants épris de jardin ? La chose ne peut que réjouir le journaliste Philippe Asseray, auteur de Je plante, ça pousse ! (éditions Rusti’kid, 2013).

De fait, le jardin se révèle un espace d’une grande richesse pour les plus jeunes. Bien entendu, comme le souligne avec malice l’auteur, “On ne va pas demander à un tout-petit de tailler des rosiers !”

“La nature, une belle école de vie”, Popi n°392, avril 2019. Texte : Joséphine Lebard. Illustrations : Peter Elliott.Mais la familiarité avec la faune et la flore se révèle pleine d’enseignements. Le premier d’entre eux semble le plus évident… et pourtant, nous aurions tendance à l’oublier : “Le jardin, c’est tout simplement la vie !”, s’exclame Alain Baraton, jardinier en chef du Grand Parc de Versailles qui tient aussi audience tous les samedis et dimanches matin dans le “7-9” de France Inter.

Et le spécialiste de souligner : “Nous sommes essentiellement confrontés à des produits industrialisés. Or, il y a peu d’endroits où l’on peut expérimenter la création de la vie. Dans un jardin, celle-ci s’exprime pleinement.” Une fleur qui éclot, une tomate cerise qui pousse, une abeille qui pollinise… Pour Alain Baraton, “ce n’est pas un hasard si la métaphore de la petite graine est choisie pour expliquer la naissance aux enfants”. Or, se confronter à l’éclosion de la vie, c’est être d’autant plus enclin à en prendre soin.

Plus tôt l’enfant est sensibilisé à la nature, plus tôt il aura le réflexe de vouloir la protéger”, estime Philippe Asseray. Une opinion partagée par Alain Baraton : “Comment être sensible à la disparition des arbres si on ne les côtoie pas ?”

“La nature, une belle école de vie”, Popi n°392, avril 2019. Texte : Joséphine Lebard. Illustrations : Peter Elliott.

Avec le jardin, les plus petits apprivoisent aussi la notion de temps. “C’est l’espace du temps passé, du temps présent et du temps à venir, analyse Alain Baraton. L’enfant peut y découvrir des essences plantées avant sa naissance. Il y observe de façon concrète le cycle des saisons – quelle meilleure preuve que les bourgeons pour reconnaître que le printemps arrive ? Enfin, tout jardin est destiné au futur !” Et de constater que le jardin est une école de la patience. “C’est long…”, soupire le petit Antoine qui espère chaque matin que les fleurs qu’il a semées auront poussé dans la nuit.

“Ce qui intéresse les petits, c’est le résultat final, souligne Philippe Asseray. Mieux vaut donc les solliciter au moment de la récolte. Sortir soi-même un radis de la terre, c’est de la magie !” C’est également l’occasion d’expérimenter la motricité fine : cueillir délicatement une fraise sans abîmer le fraisier, manier son arrosoir pour approvisionner en eau un plan de salades, choisir une fleur sans arracher la tige… Alain Baraton recommande : “On peut rappeler aux enfants qu’une fleur ne se cueille pas forcément. Je pense à cette phrase de Théodore Monod : “Cueillir une fleur dérange une étoile.” En prendre une, d’accord, mais pas de façon systématique, et pour l’offrir à quelqu’un, pas pour la jeter juste après.”

Patience, dextérité, sens de l’observation… Autant de découvertes qui donnent raison à ce proverbe serbe : “Il pousse plus de choses dans un jardin que ce qu’on y a semé.”

“La nature, une belle école de vie”, Popi n°392, avril 2019. Texte : Joséphine Lebard. Illustrations : Peter Elliott.

Que faire au jardin avec un tout-petit ?

Planter un arbre : plutôt que de le faire à la naissance de l’enfant, Alain Baraton préconise d’attendre un peu, afin que celui-ci soit en mesure d’apprécier le moment.

“La nature, une belle école de vie”, Popi n°392, avril 2019. Texte : Joséphine Lebard. Illustrations : Peter Elliott.

L’associer à la récolte : cueillir des tomates cerises et les déguster dans la foulée, déposer soi-même la salade dans le panier, déterrer les pommes de terre… “Il faut le rendre fier de ce qui a été produit !”, souligne le jardinier. Alain Baraton recommande d’ailleurs de planter des radis : “Dix-huit jours après, on peut les ramasser. Cela permet à l’enfant de ne pas oublier, entre le moment de la plantation et celui de la récolte.”

Regarder, sentir et toucher : la coccinelle qui se balade sur le rosier, le parfum de la feuille de verveine citronnelle, le ver de terre qu’on peut prendre entre ses doigts…

Le jardin est avant tout une expérience sensorielle. Il n’est pas nécessaire de tout dire ou de tout expliquer. L’essentiel est de ressentir. Comme le souligne Alain Baraton, “le jardin, c’est un espace de liberté”.

Et quand on n’a pas de jardin ?

Philippe Asseray propose deux expérimentations de germination qui parleront aux plus petits :

Le fameux haricot – coco ou mangetout – enveloppé dans du coton hydrophile humide.

Encore plus rapide, le cresson alénois. Disposées sur une feuille d’essuie-tout humide, les graines germent en une journée. Imbattable !

“La nature, une belle école de vie”, Popi n°392, avril 2019. Texte : Joséphine Lebard. Illustrations : Peter Elliott.

Popi n°392, avril 2019, et son supplément pour les parents.